
Date:28.10.2002.
Par Muriel HirigoyenSud Ouest. Les Luziens s'interrogent. Depuis quinze jours, ils voient une grue, sur un ponton actionné par des treuils, retirer des mètres cubes de vase du fond du port. Cette vase est chargée sur des barges, qui partent en mer, claper ces matériaux de dragage, autrement dit, les remettre à l'eau. Est-ce dangereux ? A priori tout est contrôlé.Les règles de dragage sont définies par des textes de loi précis auquel le maître d'oeuvre, ici le département, ne peut se dérober. Ainsi, la loi sur l'Eau oblige avant toute chose à prélever et analyser un échantillon de la vase qui sera draguée, afin d'en déterminer la toxicité. Ceci afin de savoir de quelle manière le maître d'oeuvre pourra se débarrasser de ces sédiments. Dans le cas luzien, l'analyse a été faite par le laboratoire IEB, agréé par le ministère de l'Environnement, sur des échantillons récoltés par la subdivision DDE maritime de Ciboure à 3 mètres de fond, dans le port. Métaux, microorganismes, hydrocarbures, azote, phosphore, ..., ce qui peut constituer une pollution chimique et/ou bactériologique est quantifié. Clapée à deux milles de l'Artha. Suivant le seuil atteint, le maître d'oeuvre peut ou non claper la vase dans la mer, ou doit la faire aspirer et traiter. « En deçà du niveau 1, il n'y a rien à faire de précis. Entre le premier niveau et le second, des recherches complémentaires sont à effectuer. Au-dessus du niveau deux, il est interdit notamment de relarguer les sédiments », précise-t-on à la cellule qualité des eaux littorales de la DDE. Or, à Saint-Jean-de-Luz, malgré l'activité portuaire, malgré l'arrivée de sédiments de la Nivelle, la vase analysée n'atteignait pas le niveau 1. Les 10000 m3 de vase pourront donc être logiquement largués en mer, en fonction de contraintes définies dans un « document d'incidence ». Donc, pas n'importe où ni n'importe comment. Les barges de TPM dragage clapent donc les sédiments à deux milles derrière l'Artha, à 35 mètres de fond, dans un périmètre d'un
hectare défini par la subdivision de la DDE maritime, et dans un périmètre où n'interviennent pas les pêcheurs. Suivant les vents et les courants, l'endroit où la vase est larguée peut changer, mais le périmètre reste le même. Le sémaphore contrôle tout cela attentivement. Et pour la DDE, il n'y a aucun risque que la vase revienne vers le bord, vers les plages, ou « à échelle microscopique », note Emmanuel Creissels, subdivisionnaire de la DDE. Vraiment ? « Sans doute », répond-on à la Surfrider Founda tion, où Vincent Boujard suit le dossier attentivement. Et pour cause, il y a eu un précédent au port de Capbreton, où les analyses « atteignaient un seuil limite ». « Mais là, si cela n'atteint pas le niveau 1, le cas est tout à fait différent. » L'association gardera toutefois un oeil sur l'affaire, notamment au travers de ses analyses des eaux de baignade. « Car il est vrai que les eaux de Saint-Jean-de-Luz ont une teneur en mercure plus importantes qu'ailleurs. Mais les causes restent à déterminer. » |
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