
25.08.2000
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Echouage de dauphins, les chalutiers réhabilités.
Chaque année en hiver et plus particulièrement
durant le mois de février, des échouages de dauphins dans le secteur du sud du
golfe de Gascogne sont constatés. Plus ou moins nombreuses, ces arrivées
provoquent immanquablement une polémique sur les causes présumées du décès
des cétacés en question. Le secteur de la pêche et plus particulièrement
celui des chalutiers pélagiques a été mis à l'index aussi tôt, sans qu'un
minimum de recul ne soit pris en la matière. Le Groupe d'Etude de la Faune
Marine Atlantique (GEFMA) travaille depuis des années sur ce thème. Un groupe
de 5 biologistes et vétérinaires a scientifiquement procédé aux diverses
analyses sur les individus retrouvés entre Hendaye et Biscarosse, secteur
comprenant les plages des Pyrénées Atlantiques et des Landes. Le GEFMA a obtenu des départements des Landes et des Pyrénées Atlantiques un financement permettant d'obtenir des données scientifiques sur: Les traumatismes et pathologies constatées sur les animaux découverts échoués vivants ou morts, la présence de macro déchets (sacs plastique) dans le transit intestinal, le taux d'infestation parasitaire interne et externe ante mortem et les degrés de contamination par les métaux lourds. Cette étude permet dors et déjà de tordre le cou aux prétendues affirmations de culpabilité unique de la flottille pélagique. "En 1999 nous avons observé une forte recrudescence d'échouages de cétacés, 235 individus contre 65 seulement en 1996. C'est une augmentation que l'on ne s'explique pas. Le pic se situe en février avec 114 dauphins, le "plus" par rapport aux autres années est composé de dauphins communs mâles" affirme Laurent Soulier responsable du laboratoire du musée de la mer de Biarritz qui n'a pas d'explication sur ce phénomène. Les échouages sont répartis uniformément entre Hendaye et Biscarosse et le chiffre de 235 est à utiliser prudemment. "Ce chiffre brut ne veut rien dire, on ignore si les échouages sont représentatifs de la population globale de dauphins dans le sud du golfe. Si la population est très importante les 235 peuvent être insignifiants, une simple régulation naturelle". Ce dernier point est corroboré par les observations des pêcheurs qui constatent depuis quelques années une population de plus en plus importante de dauphins dans le golfe. Les chiffres ont toute fois permis d'affirmer que " moins de 30% des dauphins échoués étaient victimes des captures accidentelles des pêcheurs". Là aussi un chiffre à prendre avec précaution vu l'état de santé des cétacés en question presque tous parasités par lesAnysakis. "80% des dauphins sont parasités, ce qui compte c'est le niveau parasitaire. Certains dauphins ont des kilos de parasites dans l'estomac mécanique. Si les dauphins sont malades et fatigués, on peut admettre qu'ils aillent chercher leur nourriture vers les filets des pêcheurs. Dans ce cas leur capture ne serait que secondaire. Certains dauphins étudiés avaient une couche de lard extrêmement fine voir inexistante, capturés ou pas par les pêcheurs, ils seraient morts" explique Laurent Soulier qui souhaite financer une campagne de comptage de la population de dauphins avec un protocole précis sans négliger des observations à bord des navires pour compter les captures accidentelles. Du côté des marins pêcheurs on apprécie
que des études sérieuses viennent équilibrer quelque peu les accusations de
base. "Pour la première fois on peut entendre une autre version et
affirmer que les pélagiques ne sont pas les responsables. Nous avons toujours
reconnu avoir des prises accidentelles que l'on évite au maximum. Maintenant on
nous présente un nouveau schéma suite à des études, il faut dire qu'on en
avait gros sur le cœur de se voir les éternels accusés" réagit
Philippe Fautous président du CRPM d'Aquitaine. Les marins qui rappellent qu'il
y a encore peu on les avait accusé suite à des échouages alors que 80% de
leur flottille de pélagiques se trouvait dans la manche. Là aussi des efforts
ont été accomplis pour éviter les prises accidentelles. "Nous avons
modifié notre manière de pêcher le bar, le filet qui avant était en surface
est désormais réglé par 40 mètres de fond et les prises de dauphins ont
pratiquement disparu" affirme Philippe Fautous. José Arocena.
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