28.09.2001.

Accord signé entre Douarnenez et Celeiro.  

 

José Arocena.

La toute première convention de collaboration entre deux ports de pêche, un breton et un galicien, a été signée lundi 25 septembre peu avant minuit par les trois parties concernées. Une convention longuement étudiée qui devrait répondre aux besoins des deux ports signataires, Douarnenez et Celeiro. Situés chacun à une extrémité du golfe de Gascogne, les deux ports celtes ont couché sur le papier les bases qui les rendront complémentaires, gage de réussite pour peu que la réalité sur le terrain rejoigne l’esprit et la lettre de cet accord.

Depuis plusieurs mois, un groupe restreint composé par des représentants de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Quimper Cornouaille, de la municipalité de Douarnenez et du port de pêche de Celeiro travaillent à la mise en place de cette étroite collaboration. Une approche d’autant plus intéressante qu’elle est menée en dehors de tout regard de l’administration des deux états et qui répond sur tout et avant tout à des besoins économiques des deux parties. En juillet dernier les représentants de Celeiro se sont rendus à Douarnenez afin à rencontrer leurs homologues in situ et discuter des possibilités offertes par les installations portuaires. Cette semaine c’est Celeiro qui a reçu la délégation douarneniste accueillie à Saint Jacques de Compostelle avant d’entamer deux heures de voyage en voiture pour atteindre Puerto de Celeiro au cœur de la Galice profonde, à l’embouchure d’une ria superbe. Visite des installations, réunions de travail avec les représentants des armateurs, réception à la mairie, ventes à la criée de la pêche de chalutiers et palangriers, nouvelles réunions de travail, le rythme imposé durant deux jours n’a pas été de tout repos mais couronné de succès. « Nous devions tout mettre à plat afin qu’il ne subsiste aucune zone d’hombre entre les deux parties. Nous avons apporté un document de travail qui a servi de base, un certain nombre de points indispensables à débattre entre les parties » rappelle Pascal Boccou chargé de la commission portuaire à la municipalité de Douarnenez, cheville ouvrière du projet. Des points qui après avoir été discutés ont été adoptés et actés dans le document final.

Lundi 25 septembre 7 heures du matin, la délégation est à pied d’œuvre, habillée de blouses blanches et de sur-chaussures aseptisées. Elle est autorisée à assister à la vente en compagnie d’un responsable du port et du qualiticien dépendant de l’université de Santiago de Compostela chargé notamment d’imposer des mesures sanitaires strictes aux personnes côtoyant le poisson. Il faut reconnaître que des efforts ont été consentis par les mareyeurs mais qu’il reste encore de la marge. La qualité du poisson est toujours égale à elle même, « du poisson comme on aimerait en voir plus souvent en Bretagne » s’exclame Marcel Daoulas, vice- président de la C.C.I chargé de la pêche, fin connaisseur en la matière. Un avis très largement partagé par la délégation qui n’arrête pas d’aller et venir d’un bout à l’autre des imposantes installations portuaires flambant neuves. Les armateurs de Celeiro recherchaient un port avec lequel il pourraient passer des accords de collaboration allant bien au delà d’une simple base avancée de débarquement. Force est de constater qu’il l’ont trouvé à Douarnenez. « Pour nous Douarnenez est désormais le port de référence en France pour notre flottille, celle qui pêche dans les eaux communautaires dans la zone 6 et 7 essentiellement. Nous allons débuter nos débarquements et laisser du poisson sur la criée, c’est au mareyage cornouaillais de nous dire ce qu’ils peuvent absorber et à quels prix » confirme Sergio Blas le directeur général de Puerto de Celeiro. Dans un premier temps ce sont les navires battant pavillon français qui déchargeront à Douarnenez, « nous attendions la signature pour démarrer, c’est fait, des lundi les premiers bateaux arriveront ou s’inscriront à la vente » affirme Luis Garcia armateur et membre du conseil d’administration du port. Des janvier prochain, les autres navires commenceront à mettre en place les rotations. "Nous partons de Galice pour l'Irlande, 8 jours de pêche sur zone, un débarquement à Douarnenez puis de nouveau 8 jours de pêche. La marée suivant est débarquée chez nous pour que les matelots puissent rentrer chez eux". Un système qui devrait convenir au plus grand nombre pour peu que le mareyage local sache saisir l’opportunité. Cette collaboration annoncée a suscité des envies bien naturelles au prés d’autres ports du littoral. Lorient aurait bien voulu attirer à lui les navires de Celeiro, Cesar Real en personne, le patron de Pesca Nova France qui a racheté Jego Querré a tenté de faire pencher la balance vers le port du Morbihan, sans succès. De même les représentants de La Rochelle étaient attendus à Celeiro ce jeudi pour «  une visite de courtoisie »…Sur le bureau du directeur du port est posé en évidence le protocole d’accord signé en bonne et due forme depuis lundi dernier.

J. A.

   

Délégation française composée par Pascal Boccou chargé de la commission portuaire à la municipalité de Douarnenez, Albert Billon 1er Adjoint de la mairie de Douarnenez, Christian Le Viol, chargé des ports à la CCI et Marcel Daoulas, vice- président de la CCI chargé de la pêche.

 


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