
Celeiro,
un chalutier de La Rochelle.
Grand
mouvement autour d'un ex chalutier de La Rochelle, le SCAPIRIA, de 30,50m de
long, transformé en fileyeur par l'armement franco espagnol qui l'a acquis en
1994. Les 12 hommes d'équipage s'affairent à débarquer les 15 tonnes de merlu
qu'ils ont pêché en 11 jours de mer sur l'Ouest Bretagne. Aux commandes du
treuil, Jean Paul PACAUD rochelais de 57 ans est chargé de guider les caisses
de merlu déjà trié. Le jour est déjà levé et la vente va commercer dans
moins d'une heure. Pour lui le travail en mer est devenu acceptable depuis qu'il
a été "acheté avec le bateau en même temps que le patron français Frédéric
Michelet de 30 ans". Jean Paul Pacaud est le mécano du bord, le passage
d'un armement français vers un franco espagnol lui a permis de conserver son
emploi mais surtout de gagner sa vie.
"Avant
sur le même bateau je gagnais entre 3 et 5000 Francs par mois au chalut.
Maintenant au filet avec les espagnols j'ai un fixe de 12.000F mensuels qui sont
virés sur mon compte le 30 de chaque mois sans faute plus un quart de part que
nous percevons en fin d'année. En 1996 j'ai reçu un chèque de 30.000F,
inutile de dire que cela change la vie" Du coup le mécano rochelais est
attaché à la Galice, il apprécie les hommes, l'ambiance à bord, il reste
surplace entre deux marées, l'hôtel et la nourriture sont à la charge de
l'armement. "C'est ma femme qui monte ici, nous avons entre 3 et 4 jours de
libre par marée qui peuvent durer entre 9 et 15 jours de mer. Michelet préfère
rentrer à La Rochelle, il est jeune et aime faire la route" explique JP
Pacaud qui attend tranquillement la retraite sur les bords de la Galice à
Celeiro. A bord depuis que le navire a été transformé en fileyeur les marins
gagnent leur vie mais ne chôment pas. Avec 300 pièces de 50 mètres ils
travaillent sur des fonds de 200 à 1000 mètres. Les zones de pêche varient
selon les saisons, le Grand Sole à Ouest Bretagne en passant par le sud
Irlande. Le merlu est l'espèce recherchée
sauf en novembre décembre ou la relève est assurée par la lotte en
l'Irlande dans les zones sud et Ouest, des endroits ou il ne fait pas toujours
très beau. "Le métier est difficile mais moins qu'en France, les jeunes
pourraient gagner leur vie ici comme les espagnols, ils sont vaillants, tous
jeunes entre 25 et 40 ans, très agréables et savent bien travailler le poisson
qu'ils soignent beaucoup" de fait la vente donne raison au mécano
rochelais, le merlu de filet droit s'est bien vendu, à des moyennes de plus de
35 F, le poisson était superbement présenté. Au port pas de personnel fixe,
chaque armement doit se charger d'emmener son propre personnel pour décharger,
déplacer et peser le poisson. La aussi les jeunes du cru travaillent,
quotidiennement. L'armement qui possède le SCAPIRIA n'est pas rattaché au port
de Celeiro mais vend sa pêche pour des raisons évidentes de rentabilité. Il
vient d'acheter un autre navire à Boulogne le RESSAC, chalutier récent qui
vient d'être transformé en fileyeur. "Il fait actuellement sa première
marée, désormais nous serons deux ensemble, c'est toujours mieux"
José
Arocena
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