Crise des carburants à Capbreton. 


25.08.2000
Tiraillé entre des pêcheurs qui souffrent d'un prix du carburant qui s'envole et une entreprise à faire vivre, le gérant de la station d'avitaillement de Capbreton a accepté de rogner de 50% sur ses marges bénéficiaires. Une solution qui n'en est pas une et qui met en danger la viabilité de la station d'avitaillement. Depuis 7 ans Serge Juan a repris la station qui appartient au SIVOM de capbreton. Une petite station certes, mais une station indispensable dans le port ou cohabitent 600 plaisanciers et 19 bateaux de pêche. "Le 17 juin dernier nous avons participé à une réunion entre le SIVOM, les affaires Maritimes, la coopérative La Basquaise de Ciboure et les pêcheurs de Capbreton. Il fallait trouver une solution pour alléger les charges de carburant des marins, la municipalité nous a demandé de baisser de 50% notre marge pour trois mois avec pour compenser les pertes, des solutions qui restent à l'étude" raconte Serge Juan le gérant. Malgré la baisse des marges, le prix à la pompe reste toujours supérieur d'environ 20ctm aux prix pratiqué à Saint Jean de Luz. " On ne peux pas comparer le tonnage des deux ports, notre station ne fournit que 400.000 litres par an pour la pêche et nos prix d'achat sont supérieurs à ceux obtenus par les luziens." Les pêcheurs de Capbreton ont menacé de se fournir dans le port voisin si les prix venaient à remonter au terme des trois mois de baisse. Une menace qui n'est toute fois pas très réaliste, le plus gros client économiserait 1200F par an en changeant de fournisseur. Le temps perdu, 40 milles aller retour, ne compense pas le gain de prix. Reste que la station d'avitaillement est en danger, le service qu'elle rend, en restant ouverte de 8h du matin à 20h et en fournissant notamment le super détaxé pour les hors bord de la flottille des marins pêcheurs de l'Adour, serait remis en cause. "Je veux bien continuer avec des marges trop faibles à condition de trouver une compensation par ailleurs. Certains nous demandent d'augmenter les prix pour les plaisanciers mais c'est pas une solution." Le risque réel de conflit existe et le pompiste risque d'en faire les frais."Il y a un réel mécontentement chez les pêcheurs et nous pompistes en avons raz le bol de passer pour des voleurs, nous sommes des intermédiaires rien de plus." Les pêcheurs ne regardent que le prix à la pompe et se plaignent de payer le double aujourd'hui qu'il y a quelques années. "Nous on demande une baisse des prix du gazole, avec les prix actuels on arrive tout juste à payer les frais, nous avons de plus en plus de mal à trouver des matelots ce qui est un comble" affirment les marins. Pour le moment les comptes de la station d'avitaillement sont éloquents, la baisse des marges leur a causé une perte de 17.000F en deux mois, difficile de pouvoir envisager de continuer de la sorte. "Nous faisons le maximum, lorsque les prix baissaient on répercutait immédiatement à la pompe, maintenant qu'ils montent on est coincés. Nous misons sur le service et les gens ne regardent que les prix." Les marins de Capbreton remplissent toujours leurs cuves chez eux, fort heureusement une grande partie de leur pêche est vendue directement dans des étals au port et là, les prix sont libres de répercuter la hausse des carburants.


Droits d'auteurs
Sommaire  
[Pêche professionnelle]  [Navigation de commerce]  [l'actualité maritime]  [Photo de la semaine]  [Produits de la Mer]  [Dossiers techniques] [Archives] [Livres maritimes]  [Petites annonces]  [Découverte des ports]  [Histoires courtes] [Littoral] [Recettes de cuisine] [Hors maritime] [Artistes] [Liens maritimes]  [Moteurs de recherche].