24.10.2001.

Autopsie d'un calmar géant au Pays basque.

Par Muriel Hirigoyen
Sud Ouest. 24.10.2001.

Le monstre n'a rien caché. Mesures biométriques, découpage, prélèvements divers, le « petit » calmar géant de deux ans à peine, (7m20 et une centaine de kilos) a été proprement disséqué hier après-midi à la criée de Ciboure. L'évènement, rarissime, a attiré une foule de curieux ébahis : ainsi donc, les calmars géants existent.
   Les scientifiques invités hier après-midi par Françoise Pautrizel, directrice du musée de la Mer de Biarritz, les nomment « Architheutis », « Architheutis dux » pour les spécimen trouvés en Atlantique. Ils ne savent pas grand chose d'eux, si ce n'est qu'ils vivent entre 400 et 1200 mètres de profondeur, dans les fosses des Asturies, près des Açores, en Nouvelle Zélande, au Canada. Ils sont solitaires, se nourrissent de poissons, de céphalopodes et de crustacés (une des trouvailles de la journée). Leur seul prédateur est le cachalot ou leurs congénères.
   Combien sont-ils ? Mystère, répond Angel Guerra, de l'institut de recherches marines de Vigo. Le spécialiste des céphalopodes géants est convaincu qu'ils sont relativement peu nombreux. Et attend mai avec impatience pour tenter, de nouveau, de les observer dans leur milieu naturel. La chose n'a rien d'évident : à 600 mètres de fond, dans le noir, il faut trouver les moyens techniques d'approcher des spécimens, pour les filmer, alors qu'ils emploient un tentacule de seize mètres de long pour tâter le terrain !
   Cette « petite fille », elle, a été retrouvée sur la plage de Llanes, (43°25 N 4°45 W)  le 20 septembre, par le CEPESMA(¹). « Elle a vraisemblablement été pêchée par un chalutier, avant de s'échouer », raconte Françoise Pautrizel, qui a aussitôt saisi l'occasion de présenter cet animal mythique aux gens de la Côte Basque. Elle n'a rien révélé d'extraordinaire. Mais les scientifiques de l'université de La Rochelle et du Museum d'Histoire naturelle, dont la spécialiste Renata Boucher-Rodoni, doivent encore mener à terme les examens de parasitologie, de génétique, de toxicologie. Avant de s'occuper d'une autre spécimen. Hier après-midi, on apprenait qu'un autre calmar, de dix mètres de long celui-là, s'échouait à Garreiros, toujours aux Asturies. « Pas besoin de quitter notre planète pour trouver des aliens », souriait Angel Guerra, avant de recoudre la bête.

Il y a ceux qui n'y croyaient pas, et ceux qui n'en croyaient pas leurs yeux. Elèves du lycée maritime de Ciboure, pêcheurs, ou simplement curieux, ils ont assisté hier après-midi, à la criée de Ciboure, à l'autopsie publique d'un calmar géant. Une « petite fille » de 7,20 mètres de long, pesant une bonne centaine de kilos qui vivait dans les Asturies et s'est échouée le 20 septembre sur la plage de Llanes.
 L'opération, menée par Angel Guerra, spécialiste des céphalopodes géants à l'institut d'études marines de Vigo, n'a pas débouché sur des révélations fracassantes. Mais les nouvelles informations collectées permettent de connaître un peu mieux ce mystère des profondeurs.

Le monstre n'a rien caché. Mesures biométriques, découpage, prélèvements divers, le « petit » calmar géant de deux ans à peine, (7m20 et une centaine de kilos) a été proprement disséqué hier après-midi à la criée de Ciboure. L'évènement, rarissime, a attiré une foule de curieux ébahis : ainsi donc, les calmars géants existent.
   Les scientifiques invités hier après-midi par Françoise Pautrizel, directrice du musée de la Mer de Biarritz, les nomment « Architheutis », « Architheutis dux » pour les spécimen trouvés en Atlantique. Ils ne savent pas grand chose d'eux, si ce n'est qu'ils vivent entre 400 et 1200 mètres de profondeur, dans les fosses des Asturies, près des Açores, en Nouvelle Zélande, au Canada. Ils sont solitaires, se nourrissent de poissons, de céphalopodes et de crustacés (une des trouvailles de la journée). Leur seul prédateur est le cachalot ou leurs congénères.
   Combien sont-ils ? Mystère, répond Angel Guerra, de l'institut de recherches marines de Vigo. Le spécialiste des céphalopodes géants est convaincu qu'ils sont relativement peu nombreux. Et attend mai avec impatience pour tenter, de nouveau, de les observer dans leur milieu naturel. La chose n'a rien d'évident : à 600 mètres de fond, dans le noir, il faut trouver les moyens techniques d'approcher des spécimens, pour les filmer, alors qu'ils emploient un tentacule de seize mètres de long pour tâter le terrain !
   Cette « petite fille », elle, a été retrouvée sur la plage de Llanes, le 20 septembre, par le CEPESMA(¹). « Elle a vraisemblablement été pêchée par un chalutier, avant de s'échouer », raconte Françoise Pautrizel, qui a aussitôt saisi l'occasion de présenter cet animal mythique aux gens de la Côte Basque. Elle n'a rien révélé d'extraordinaire. Mais les scientifiques de l'université de La Rochelle et du Museum d'Histoire naturelle, dont la spécialiste Renata Boucher-Rodoni, doivent encore mener à terme les examens de parasitologie, de génétique, de toxicologie. Avant de s'occuper d'une autre spécimen. Hier après-midi, on apprenait qu'un autre calmar, de dix mètres de long celui-là, s'échouait à Garreiros, toujours aux Asturies. « Pas besoin de quitter notre planète pour trouver des aliens », souriait Angel Guerra, avant de recoudre la bête.


Le mystère au scalpel.

La criée du port de pêche a accueilli hier un drôle de poisson : un calmar géant de 7,20 mètres qui a été autopsié en public par Angel Guerra, un des spécialistes de ces mystères des profondeurs

Les échouages de calmars géants semblent s'être accrus ces dernières années. Pourquoi ?
   ANGEL GUERRA. Depuis trois ans, nous avons trouvé 8 Architeuthis, comme celui-là, et 3 Tanigia deana, soit capturés par des chalutiers, entre 400 et 600 mètres de profondeur, soit, pour trois d'entre eux, échoués sur la plage. Ces trouvailles sont fréquentes depuis trois ans. Peut-être les derniers échouages sont-ils en relation avec ces sondages pétrolifères effectués aux Asturies qui créent des secousses sismiques artificielles par des explosions et des jets d'air comprimé. Mais ceci n'est qu'une hypothèse et non un fait scientifique vérifié.
Vous-même, combien de calmars géants avez-vous autopsiés ?
20. Ces animaux se voient rarement et sont du genre cosmopolite : on en a trouvé en Nouvelle-Zélande, sur les côtes du Canada, en afrique du Sud, autour des Açores. Ils vivent entre 400 et 1200 mètres de profondeur, mais nous ne coinnaissaons pas bien le comportement de cette espèce. Aujourd'hui, en regardant le contenu stomachal, nous avons découvert qu'en plus des poissons et d'autres céphalopodes, l'architheutis se nourrit aussi de crustacés. Mais comment chasse-t-il ? Nous ne le savons pas.
   Nous ne savons pas non plus comment les mâles trouvent les femelles, où et à quelle période se produit la ponte, si ils vivent au fond ou s'ils sont pélagiques, s'ils possèdent des photophores avec lesquels ils produisent de la lumière. Nous savons que le métabolisme de ces animaux est protéinique et qu'une partie de l'ammoniaque produite par la combustion de ces protéines leur permet flotter sans effort. Ces espèces doivent se déplacer très rapidement, et contrairement aux Tarrigai, les Architheutis doivent se servir de leurs nageoires pour se diriger. Enfin, c'est ce que nous pensons.
 Il reste donc bien des choses à découvrir ?
 Oui. Nous savons qu'il existe une unique espèce sur l'atlantique : l'Architheutis dux, et nous avons repéré un endroit où il semble y avoir une population d'une relative abondance. Mais cet animal reste un de ces énigmes qui perdurent. Au mois de mai, nous essaierons de le voir vivre dans son milieu, ce qui 'na pas pu être fait jusqu'alors. Il faudra descendre à 600 mètres, dans le noir,  pour le filmer et utiliser des appâts pour l'attirer. Mais ils ont un tentacule de 16 mètres, c'est dire s'ils peuvent tester de loin ! Nous devrons nous montrer plus malins qu'eux. C'est notre prochaine étape.
LE CALMAR GEANT sera exposé au Musée de la Mer dès le 26 octobre 2001


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