Date:15.12.2001.

Des bolincheurs espagnols surpris en pêche dans les eaux françaises.

Jeudi 13 décembre en pleine nuit, la côte basque était éclairée de nombreuses lumières à quelques milles à peine de la côte. De toute évidence des navires venus de l'autre côté de la frontière franco espagnole malgré l'interdiction évidente. Deux bolincheurs luziens en ont fait l'expérience lorsqu'ils ont rejoint un groupe de bolincheurs immatriculés pour la plupart à Santander. A trois nautiques devant Bayonne, les navires étaient entrain de se partager le fruit d'un gros coup de senne estimé à 50 tonnes. "Ils avaient tellement chargé qu'ils ont du appeler les copains qui étaient aux alentours pour tout charger et ne rien perdre" fustigent les pêcheurs luziens. Un coup de filet parmi tant d'autres qui a permis aux espagnols en question de se partager 50 tonnes de maigre pêché en fraude. Vendus en criée au pays basque espagnol le jour même, l'opération est pour le moins rentable mais tout aussi préjudiciable à la flottille locale qui compte ne pas en rester là. "On constate que ce n'est pas la première fois, loin s'en faut. Qu'il s'agisse de chalutiers comme avec le "Mikel" et sa cache sophistiquée ou maintenant des bolincheurs, on est entrain de se faire piller notre zone de pêche sans que personne ne réagisse. II faut savoir qu'une véritable organisation est mise en place dans certains ports basques espagnols avec beaucoup de complicité dans les structures portuaires" affirme Philippe Fautous, " les patrons de pêche font une double déclaration de leur pêche sur les journaux de bord et dans les criées ils ne déclarent qu'une petite partie de la pêche réelle afin de conserver indéfiniment leur droit de pêcher l'espèce, car quota non atteint, à savoir que leur quota officiel devrait être atteint au maximum fin avril alors qu'en fait, ils pêchent jusqu'au 31 décembre en toute impunité" proteste le président du CRPM d'Aquitaine. En toute impunité, c'est certain vu que les moyens de surveillance maritimes actuels sont justement en cours de restructuration, ce qui tombe mal. "Nous avions prévenu l'administration qu'en enlevant la vedette régionale de surveillance maritime "Mauve" de Bayonne elle nous ferait défaut, ce n'est pas l'ULAM qui va pouvoir faire face aux besoins locaux et à la surveillance de la zone frontalière" explique Ramuntcho Iturrioz qui se demande si c'est pas un fait express. Reste que cette fin d'année s'annonce agitée dans le golfe de Gascogne, les pêcheurs espagnols ont appris que la Mauve était partie pour Marseille et que l'ULAM n'était pas encore opérationnelle, de plus il se trouve que le patrouilleur Iris des Affaires Maritimes est en carénage! Juste au moment ou les cours du poisson vont flamber en Espagne et que les quotas des pêcheurs ibériques sont épuisés pour nombre d'espèces recherchées. On sait que plusieurs navires ont décidé de se rendre dans le golfe en décembre pour terminer l'année en force d'autant que les répartitions de quotas vont laisser un goût amer dans de nombreux ports espagnols.

José Arocena.


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