Date:05.01.2002.

Pêche record: 7 400 tonnes et 106 millions de Francs pour la criée unique de Saint jean de Luz-Ciboure.

 

En dépassant les 106 millions de Francs, la criée unique de la côte basque a prouvé qu'elle pouvait être rentable à condition de concentrer l'activité de la commercialisation de la pêche sur un seul point de vente. La criée de Ciboure, moderne et fonctionnelle, remplit ce rôle plus que correctement depuis environ trois ans. Les captures en provenance des ports de Saint Jean de Luz Ciboure, Hendaye et Capbreton sont commercialisés sur un seul point. Les chiffres parlent d'eux mêmes: déjà l'année dernière, une année exceptionnelle en augmentation de 35% avait vu le débarquement de 7 222 tonnes pour un chiffre d'affaires de 94,3 millions de francs. C'était déjà un record. Pour autant il faut se garder de crier victoire trop vite car les très bons chiffres encore cette année, sont dus à une conjoncture particulière basée sur la bonne santé des cours du thon blanc.

Excellente en tonnage et très bonne en prix.

C'est le qualificatif pour la campagne de thon germon 2001 qui a soutenu l'ensemble de la criée. Une campagne particulière à divers titres, atypique, si l'on prend en compte le comportement du thon blanc qui est apparu très tôt en saison sur nos côtes pour remonter rapidement vers le sud ouest de l'Irlande. La migration du germon varie d'une année sur l'autre, cette année elle a été marqué par une présence très courte devant le pays basque, situation qui a pénalisé les plus petits navires, les thoniers canneurs et ligneurs. Ce sont les chalutiers pélagiques qui ont pu tirer leur épingle du jeu en suivant la progression des thons, loin de leur base à trois jours de mer de Saint Jean de Luz, 6 jours de route pour un aller retour."Nous avons vendu des lots de germon pêché au pélagique à 25F le kilo, ils ont alimenté le marché en frais espagnol. La qualité est excellente, cela fait des années que l'on propose des lots triés par 5 niveaux de tailles, les acheteurs sont présents à la criée de Ciboure et paient la qualité" reconnaît Joël Fournerat le directeur de Capsud OP, l'organisation de producteurs de la côte basque. 1 917 tonnes sont passées par le port basque pour un prix moyen de 18,08 kg, près de 2 francs de plus le kilo, ce qui est important dans un compte d'exploitation. Le thon rouge et ses 471 tonnes à un prix moyen de 18,09 kg a permis aux petits thoniers du port de sauver quelque peu une campagne thonière en demi teinte. L'anchois a quant à lui baissé fortement en prix, concurrencé par une campagne puissante de nos voisins du pays basque sud. 1 500 tonnes ont été débarqués à Ciboure par les pélagiques de Vendée et 430 tonnes par les bolincheurs locaux qui ont du se rabattre sur le petit Chinchard présent en grande quantité.

Reste que globalement le seuil psychologique des 100 millions de Francs a été dépassé cette année. La campagne aurait pu être encore plus forte si les cours du poisson "divers" atteignaient à Ciboure les mêmes prix qu'à Pasajes. En effet les deux derniers mois de l'année à vu une migration des navires chalutiers de Ciboure et de Hendaye vers le port voisin du Sud. "La différence des cours obtenus à Pasajes est tel que nous ne pouvons pas nous permettre de passer à côté au risque de mettre en péril la rentabilité de nos navires" avouent les armateurs. De même le port de Capbreton qui vend une grosse partie de sa production à Ciboure a vu une baisse de 50% en 2001.

TACs et renouvellements.

 

Les quotas votés la semaine dernière par les ministres des pêches à Bruxelles ne vont pas bouleverser radicalement la donne. Le merlu est en augmentation mais les possibilités techniques de sa capture rendues difficiles par l'augmentation des maillages. La priorité absolue pour le port consiste désormais en un renouvellement rapide de la flottille. Le manque de constructions neuves ou d'achats d'occasion se fait déjà sentir et sera douloureux dans quelques années. Pour le moment les aides communautaires pour les constructions ou rénovations de navires de pêche ont été prolongées pour 6 mois. Pour construire un bateau neuf il faut détruire 1,3 bateaux de même puissance, autant dire que ce n'est pas aisé! Après le 31 juin 2002, on est en droit de craindre que les aides seront supprimées. La France n'ayant pas rempli ses obligations en matière de réduction de la flotte de pêche, devra "payer" les conséquences. Une situation d'autant plus difficile à vivre que les voisins du pays basque sud et de la côte Cantabrique jusqu'en Galice construisent à tour de bras et rénovent de fond en comble leurs flottilles. La concurrence sera dure en mer dans les années qui suivent. En matière de pêche plus qu'ailleurs, il faut savoir prévoir plusieurs coups d'avance. Dans ce jeux d'échecs nos voisins d'outre Bidassoa semblent nettement plus fins joueurs que les politiciens français chargés de la pêche.

 

José Arocena.


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