
Date:02.10.2002.
|
Pas d'accord conclu entre pêcheurs français et espagnols à Madrid lundi 30 septembre 2002 à l'issue des 4 heures de réunion
présidée par Mme Carmen Fraga. Les deux délégations ont défendu leurs positions, les espagnols sont restés sur une ligne homogène alors que dans le rang français, le moins que l'on puisse dire, c'est que tout le monde ne tirait pas dans le même sens. La ligne "officielle" française semble se baser sur deux principes. Une logique d'échange de quotas et des accords de cohabitation à déterminer. "Nous ne voulons plus tomber dans le piège précédent qui consistait à obtenir un quota supplémentaire d'anchois la première année contre l'arrêt de la pêche pour notre flottille au printemps puis les années suivantes à échanger l'anchois contre d'autres espèces tout en étant pénalisés par notre arrêt entre fin mars et début juin" a expliqué Joseph Blancho qui participait à la réunion de Madrid. Les espagnols ont proposé un échange de quotas assorti de conditions jugées inacceptables par presque toute la délégation française, sauf par le représentant de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Exigences des espagnols. "Nous voulons l'interdiction du chalutage pélagique au sud du 46° parallèle, l'arrêt de la pêche à l'anchois par les pélagiques sur toutes zones entre le 20 mars et le 31 mai, le droit de pêche pour notre flottille dans les eaux françaises entre les 12 et les 6 milles au sud du 48° (de Douarnenez à l'Espagne) et le droit de capturer l'appât vivant jusqu'à la limite des 3 milles françaises" a expliqué Esteban Olaizola le représentant des pêcheurs basques espagnols pour accorder un échange de 9000 tonnes d'anchois contre d'autres espèces. Sur le plan des "concessions" "108 bateaux iraient pêcher en automne, soit 50% de la flottille". Cette position jugée aberrante par la majorité de la délégation française a trouvé un écho favorable partiel chez Thierry Thomazeau de Saint-Gilles-Croix-de-Vie au grand dam des autres représentants français et pour le plus grand plaisir des espagnols qui voient là, une faille de taille dans le dispositif négociateur français. Le CLPM de La Turballe prévoyant ce genre de comportement de la part de son voisin de Saint Gilles a même publié un texte
à l'issue d'une réunion tenue en la présence des armateurs du port de La Turballe qui ont appuyé leur président. "La solution proposée par les représentants de Saint-Gilles d'interdire la pêche au chalut pélagique pour la pêche de l'anchois et du thon, en dessous du 46° à compter du 1er septembre, en échange de l'interdiction pour les espagnols de pêcher l'anchois au dessus du 46° à compter du 1er septembre" est rejetée par La Turballe ou l'on reste sur une autre idée. "Une liste de bateaux représentant un % de la flottille espagnole acceptable au regard du marché est un moindre mal" indique le texte qui poursuit en préférant que "l'on se cantonne à des raisonnements de marché, plutôt que de s'imposer des mesures techniques supplémentaires". Jean Marc Rio, président du CLPM de La Turballe et Pdt de la commission nationale anchois-sardine tenait à être soutenu par l'ensemble des représentants français, ce qui n'a pas été totalement le cas. Ce dernier reste convaincu que "le troc que l'on veut imposer aux français en échange des 9000 tonnes d'anchois issues du quota espagnol est inéquitable alors que les espagnols sont bénéficiaires d'autres espèces et que les français s'interdisent la pêche au printemps. Quelle que soit l'issue des négociations les pêcheurs d'anchois de La Turballe n'accepteront pas d'être sacrifiés sur l'autel de pêcheries plus avantageuses ou de flottilles privilégiées" conclut Jean Marc Rio, suivi en ce sens par le CLPM de Saint-Jean-de-Luz.
Le cas de Saint Gilles croix de Vie qui semble prêt a céder face aux demandes des espagnols est jugé par les marins des autres ports comme
"une attitude égoïste vu qu'a St Gilles ils n'ont pas de PPS germon, ils sont prêts à sacrifier les autres ports pour vu que eux, puissent
pêcher l'anchois. C'est inadmissible et l'administration devrait les sanctionner". De son côté Thierry Thomazeau a fait savoir que sa proposition concerne
uniquement la pêche au thon au sud du 46° et a partir de septembre et ne concerne pas l'anchois.
La réunion s'est terminée sur de minimes avancées, comme celle de la mise en place d'un prix de retrait commun, qui ne pourra pas être contrôlé côté espagnol… et la concession faite à ces derniers de pêcher l'appât vivant entre les 6 et 12 milles françaises au sud du 46°. La prochaine réunion aura lieu à Paris fin octobre ou début décembre. José Arocena. |
Droits
d'auteurs
Sommaire
Pêche Marine
marchande Voile Produits de la
Mer Dossiers techniques Archives
Livres maritimes Petites
annonces Histoires courtes Recettes de
cuisine Artistes Liens
maritimes