| Iñaki
Lekuona
Le Journal du Pays basque
Pas d'accord pour l'anchois.
Pêcheurs cantabriques et français se sont rencontrés hier (21.05.2002.) à
Paris pour renouveler l'accord Josselin qui réglemente la pêche à l'anchois
dans le Golfe de Gascogne. Une seconde réunion sera désormais nécessaire.
L'accord Josselin (ou d'Arcachon) a été signé en 1992 par des responsables
des gouvernements français et espagnol ainsi que par des représentants des pêcheurs
cantabriques et français pour réglementer la pêche à l'anchois. Le texte prévoit
un échange de quotas entre les deux pays : de l'anchois pour les pêcheurs
sous pavillon français (9 000 tonnes) contre du merlu et de la lotte pour les
marins cantabriques.
Cet accord prévoit aussi, pour éviter les problèmes de cohabitation durant
la campagne de l'anchois, que les Français pêchant aux chaluts pélagiques
cessent leurs activités du 10 mars au 31 mai, laissant la pêcherie aux seuls
bolincheurs. La période d'automne n'est pas évoquée par l'accord, question
qui a été à l'origine des protestations des Vendéens en octobre dernier.
Ceux-ci considérant que l'automne est une période d'interdiction pour les pêcheurs
cantabriques.
De la guerre à la paix
La petite guerre qui a éclaté mi-octobre s'est résolue fin novembre. Les
bolincheurs du Gipuzkoa et de Bizkaia ont alors déclaré que les Vendéens
"veulent
faire pression vis-à-vis du renouvellement de l'Accord d'Arcachon."
Un renouvellement qui enfin est à l'ordre du jour. Hier, les représentants
des pêcheurs du Gipuzkoa, de Bizkaia, de Cantabrie et de Galice ont rencontré
à Paris leurs homologues français. Ceux-ci ont présenté un texte juridique
sur les droits de chacun à pêcher l'anchois. "C'est un texte
rédigé par eux et pour eux, c'est à dire qu'ils considèrent que nous
n'avons pas le droit de pêcher en automne. Mais ils ont tort", a déclaré
au Journal le président de la kofradia du Gipuzkoa, le Hondarribiar Esteban
Olaizola.
"C'est un texte qui n'a pas de base
juridique. Ils s'entêtent à dire que la période d'automne est à eux,
mais rien n'a été fixé par rapport à cela lors de la signature de
l'Accord d'Arcachon en 1992", a signalé Esteban Olaizola.
Le président gipuzkoar évoque la rentrée espagnole dans l'Union, et
la signature de la convention "permettant aux bateaux sous pavillon
français de pêcher 10 % de l'anchois. C'était un pourcentage accordé
pour permettre une sortie aux bolincheurs labourdins, mais depuis 1986
les bolincheurs ont
presque disparu et les pélagiques ont commencé à pêcher l'anchois.
Nous, au contraire, nous avons fait couler beaucoup de nos bateaux pour
retrouver un équilibre entre les ressources marines et notre besoin de
pêcher", a-t-il ajouté.
Les 9 000 tonnes
Sur l'échange de poissons, Esteban Olaizola n'a pas vu de problème,
mais a précisé. "Jusqu'à présent 9 000 tonnes d'anchois étaient
transférées en France, mais nous les bolincheurs ne bénéficions pas
des échanges parce que nous ne pêchons que du thon et de l'anchois.
C'est pour cette raison que nous demandons des contreparties telles que
la protection des ressources. Nous demanderons que les pélagiques ne
rentrent pas dans nos eaux pour la campagne du thon" a déclaré M.
Olaizola.
Manque d'accord global, tout cela devra être fixé lors de la deuxième
réunion prévue pour le 17 juin. Elle aura lieu très probablement à
Donostia.
Le TAC est maintenu, mais pas le
transfert du quota portugais
Cette année les discussions sur la pêche dans le Golfe de Gascogne
vont être influencées par deux décisions : celle des ministres européens
de la pêche autour des quotas, et celle de la Cour de justice européenne
déclarant hors-la-loi le transfert du quota portugais aux pêcheurs
français.
Mi-décembre, après une réunion-marathon, les ministres des quinze ont
accepté d'augmenter le TAC pour le merlu ainsi que pour d'autres espèces,
tandis que celui de l'anchois est resté identique. Les bolincheurs
cantabriques pourront donc pêcher 30 000 tonnes, tandis que les bateaux
sous pavillon français n'auront que 3 000 tonnes (10 % du TAC du
golfe). Cette différence était jusqu'à présent compensée par le
Gouvernement français grâce aux 9 000 tonnes espagnoles et grâce à
un accord avec le Portugal, qui cédait 5 000 tonnes de son quota,
lequel atteignait 10 000 tonnes. Le TAC prévu pour le Portugal en ce
qui concerne l'anchois est diminué à 2 000 tonnes. Quand cette décision
a été prise, les analystes ont calculé que la quantité soumise à un
nouvel accord franco-portugais serait
de 4 000 tonnes.
Sauf que la Cour de justice européenne a récemment déclaré illégal
ce transfert du quota [voir édition du Journal du 16 mai]. Ètant donné
que les bateaux français ne pêchent pas au Portugal, mais dans le
Golfe de Gascogne, et considérant que les "deux stocks [sont]
biologiquement différenciés", le tribunal a jugé inacceptable
l'accord franco-portugais.
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