PCP, POP, PACS : La casse européenne, ça
suffit !
Pas de pêche durable sans gestion concertée de la ressource :
Seule l'adoption de méthodes sélectives et respectueuses de la
biologie permettra de protéger et la ressource et le peuple des
marins.
La Politique Commune des Pêches menée jusqu'à ce jour a eu pour résultat
la concentration des grosses entreprises de pêche industrielle, la
disparition des petites unités, sans freiner l'appauvrissement des
ressources.
Nul ne peut, sans tomber dans la démagogie, nier les problèmes
auxquels de nombreux pêcheurs sont aujourd'hui confrontés face à la
réduction des ressources, au vieillissement de la flottille, causes
de beaucoup d'accidents et de décès. Ils témoignent de l'échec de
cette politique des pêches qui par le passé a eu largement recours
à la casse des bateaux.
Véritable provocation pour les professionnels, le plan de casse des
bateaux et des emplois du secteur pêche annoncé par la Commission
européenne continue sur la même voie.
Le travail d'analyse et de consultation de la filière fait par la
commission au cours de l'année 2001 fut une démarche positive. Elle
aurait pu le rester si la démarche participative entamée avait été
poursuivie y compris dans l'élaboration des propositions : création
de conseils consultatifs régionaux, amélioration de la sélectivité,
mise en place d'un vrai dispositif de contrôles et de sanctions.
Mais globalement ces propositions de la Commission européenne sont négatives
et peuvent avoir des effets pervers :
La
suppression des aides publiques pour la modernisation et la
construction des navires pénalisera d'abord les petits artisans et
renforcera la dynamique déjà en cours de concentration des
entreprises de pêche, faisant disparaître les plus petits bateaux,
les moins gourmands en carburant, qui emploient les engins les moins
prédateurs, pour privilégier les grosses unités fortement mécanisées
et peu sélectives de la pêche industrielle
Le développement de l'aquaculture proposée comme alternative
par la Commission ira à l'inverse du but recherché, car fortement
consommatrice de farines de poisson, alors que la réduction de la pêche
minotière devrait faire partie des objectifs prioritaires de
restauration des ressources !
Les propositions de la Commission sont, en l'état, inacceptables.
Elles doivent être revues.
Les Verts veulent préserver la pêche, ce qui passe par une bonne
gestion de la ressource.
Ils demandent donc :
- Que les conseils consultatifs régionaux prévus soient mis en place
au plus vite permettant l'élaboration concertée de nouvelles
propositions.
- Que la nécessaire mise sous quota de toutes les espèces soit faite
dans le cadre d'une gestion de la ressource avec les professionnels,
ce qui se fait déjà dans certains secteurs.
- Un renforcement de la sélectivité des techniques de pêche, et un
moratoire sur les techniques les plus dévastatrices. L'objectif doit
cesser d'être le "pêcher plus" et devenir le "gérons
mieux".
- Une politique des pêches qui se préoccupe en priorité des hommes,
de leur sécurité, de leur formation continue, et, lorsque c'est nécessaire,
de leur reconversion.