Une année de
plus s'est écoulé et force est de constater que la situation
du port d'Hendaye ne fait que s'aggraver. Ce n'est malheureusement une
surprise pour personne, sauf peut être pour les responsables politiques
départementaux qui tardent et tardent à prendre une décision.
Ces hésitations constantes ne font que contribuer au malaise ambiant
et à la chute vertigineuse des apports. Déjà en 1997
on pouvait noter que la baisse des apports (-42%) et valeurs (-13%) avaient
atteint des limites difficilement surmontables.
Cette année
encore la chute est impressionnante.
14,5 millions de
francs (-47%) et des débarquements de 2.257 tonnes (-34%), le tout
avec un prix moyen de 6,4 francs le kilo, là aussi en baisse de
1,5%.
Une telle situation
n'est plus soutenable, pas plus pour les structures qui tournent au ralenti
que pour les élus qui ont en charge les destinées du port
de Hendaye.
20 ans après
sa naissance, le port de pêche et plus précisément
la coopérative maritime Bidassoa est en passe de disparaître.
Il aura fallu moins d'une génération pour naître, grandir,
devenir le premier port d'Aquitaine, subir de plein fouet les diverses
crises et autres vicissitudes de la vie et terminer sa course dans les
bureaux du tribunal de commerce de Bayonne, le bilan déposé
une fois pour toutes. Pourtant les premiers signes de la crise étaient
perceptibles depuis des années. Le port comptait une 40 aine d'unités
la plupart de plus de 25 mètres, aujourd'hui seul reste le dernier
carré de fidèles. Le tribunal de commerce de Bayonne doit
trancher le 8 mars prochain après avoir retardé le moment
ultime maintes fois. Le projet d'un "sauvetage" via le Maroc est encore
dans les tablettes sans que plus personne n'y croie.
Même si quelques navires s'exilent, on voit mal comment la criée pourrait reprendre du poil de la bête. Certes il reste 495 mètres de quais d'accostage en eau profonde, une zone technique de travail de filets de 6,5 hectares, un chariot élévateur de 300 Tonnes et une aire de stockage et de réparation pour 8 navires. Un outil qui est regardé avec envie par les voisins espagnols de Fontarrabie qui disposent d'une flottille imposante, mais pas de zone technique digne de ce nom. Les solutions proposées d'une gestion commune des ports par la CCI ne semble pas convenir à la municipalité, second créancier de la coopérative. C'est peut être une solution hybride qui s'imposera. La mise en vente du poisson sur la criée de Ciboure, l'utilisation de la zone technique par tout le monde, une gestion privée qui permettrait de rentabiliser l'outil grâce notamment aux voisins de Fontarrabie. L'O.P pourrait normalement fonctionner, avec le soutien massif de franco espagnols qui peuvent de cette manière utiliser légitimement les installations portuaires. Reste que le 8 mars on saura si la coopérative qui gère la criée ferme définitivement ses portes. Actuellement on s'oriente vers une liquidation de la coopérative d'autant que le projet ultime de pêche au Maroc ne semble pas se confirmer. Aux dires des experts l'endettement oscillerait autour des 12 MF avec notamment 7,4 MF au crédit Maritime Mutuel et 2,5 MF à la mairie d'Hendaye.