"Le quartier maritime a perdu plus de 25% de sa flottille ces 5 dernières années, il faut stopper d'urgence l'hémorragie, c'est pourquoi nous venons de créer l'Armement Coopératif Basque (ARCOBA)". C'est le constat tracé par les responsables de 4 coopératives du Pays basque qui viennent de se retrouver autour d'une même table pour réagir. Le constat de la situation de la flottille locale est alarmant. A Hendaye ces 5 dernières années près de 70% des navires ont quitté le port. Si deux unités sont parties vers le Nord, Le Corinne Sandrine à La Rochelle et le Zubernoa pour l'armement Furic, le gros de la flottille n'a même pas changé d'immatriculation, les chalutiers sont tout simplement devenus des franco-espagnols. A Saint Jean-de-Luz l'érosion est moindre mais toute aussi sensible. "Nous avons eu des ventes vers l'Espagne, des navires dans le plan de casse ou coulés mais rien ne vient remplacer ces unités. C'est une spirale dangereuse que nous devons stopper rapidement, l'avenir du quartier maritime de Bayonne en dépend", avoue Henri Pivert le Président du CLPM. L'armement coopératif est bouclé, l'approche a été mûrement réfléchie et rien laissé au hasard. Parmi les coopératives qui viennent de créer l'armement ARCOBA SA, se trouve Gure Lana, coopérative d'armement qui fonctionne surtout en tant que centre de gestion pour environ 35 unités. C'est elle qui sera chargée de la gestion des futurs navires au sein d'ARCOBA.
Aider les jeunes.
L'évolution des apports ces dernières années, évolution peu encourageante, ne laissait que peu d'avenir aux ports basques dans un futur proche. A Saint Jean-de-Luz 70% des chalutiers vont être à vendre dans les 5 ans qui viennent. Les patrons armateurs ont la cinquantaine, l'heure de la retraite approche. Les petits moteurs se retrouvent dans une meilleure position, simplement grâce à des investissements plus abordables. "Il faut être conscients que la majorité des armateurs sont plus proches d'une fin de carrière que d'un début, notre rôle sera d'épauler les jeunes à l'occasion de leur première réalisation. Les projets pour construire du neuf sont presque écartés de fait tant les possibilités sont réduites, les occasions seront à prendre en compte", estiment les responsables d'ARCOBA. Plus aucun navire ne quittera le quartier de Bayonne sans qu'ARCOBA ne fasse des propositions. "Nous avons envisagé tous les cas de figure, de l'achat par la coopérative à la simple participation, on s'adaptera au coup sur coup". Le capital va être porté rapidement à 3MF ce qui permettra aux candidats co-armateurs d'obtenir des prêts plus facilement. Dernièrement 3 projets sont tombés à l'eau parce que les banques ont refusé les prêts, les garanties étant insuffisantes. Cela n'arrivera plus avec ARCOBA qui pourra garantir l'opération. Un fonds de garantie va être créé, il permettra de prêter 20% de la somme en tant qu'avance remboursable à zéro % d'intérêt. S'ajouteront environ 10% d'aides des collectivités locales et l'apport personnel. Les banques seront sollicités à environ 50% des sommes investies dont 20% seront cautionnés par le fonds de garantie. Un dispositif qui peut paraître compliqué mais qui à fait ses preuves aux Sables d'Olonne. ARCOBA s'intéressera à toutes sortes de navires du quartier de Bayonne et prospectera dans les autres ports. Déjà les candidats potentiels se font sentir, restera à déterminer l'utilisation des bateaux en question une fois acquis. Le conseil d'administration composé de 12 membres, tous professionnels, devront étudier chiffres à l'appui la rentabilité des bateaux. Le conseil encadrera au maximum les décisions, s'il faut vendre dans d'autres ports que les nôtres pour que les armements soient rentables, on y sera contraints mais on le fera chiffres à l'appui. Une gestion des espèces sera étudiée, des débarquements sélectifs possibles, les espèces les plus cotées iront rejoindre les criées qui paient le mieux, en Espagne mais aussi des ports de Bretagne.
José Arocena.