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Vous avez dit Ciguatera ?

date - 14/03/2007

Depuis que nous avons dépassé la latitude de la Martinique, en remontant vers le nord des petites Antilles, nous avons du mettre de côté un des aspects intéressants de la navigation, la pêche !

Sur Amuitz, la pêche a été abondante et relativement régulière, et ce depuis le début de la traversée de l’Atlantique en 2005. Nous avons mangé de tout, essentiellement des dorades coryphènes, des Thazars et des thonidés. De temps à autre quelques bonnes carangues et des Barracudas délicieux.

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Carangue remise à l’eau.

Tous ces poissons ont fait le bonheur de nos papilles et plus largement ont été appréciés par les amis rencontrés dans les divers mouillages.

Désormais, et cela tant que nous serons au nord de la Martinique, une bonne partie des poissons qui faisaient l’ordinaire et l’extraordinaire de notre cuisine, une bonne partie est mise au banc, rejetée, interdite de monter à bord, fuie et même crainte.

Pour des raisons inconnues et diverses,(voir en bas de page) nombre d’espèces de poissons sont contaminés par la Ciguatera, plus communément appelée « la gratte ». Cette particularité indétectable avant d’être lourdement et irrémédiablement contaminés à notre tour par l’ingestion de la chair, nous oblige à rejeter à l’eau une grande partie des excellents poissons.

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Petit Barracuda remis à l’eau.

Des remèdes de grand-mère donnent la solution pour détecter la présence de la gratte dans les poissons. Vous prenez le foie, le donnez à manger au chat du bord et si ce dernier ne meurt pas dans d’horribles souffrances assez vite, vous pouvez tenter le coup !

Le test en question n’a pas retenu notre assentiment, nous manquons de chats à bord et même si les dits félins pullulaient sur Amuitz, nous ne leurs ferions pas subir le test ultime, préférant nous passer de poisson frais. Une bonne conserve de thon maison venue tout droit de Ciboure nous permet de faire fi du manque de protéines animales.

Du coup, nous ne gardons que les thons, les thazars et les coryphènes.

Quel dommage quand même !!!

La fin de semaine dernière nous avons tiré quelques bords entre les îles de St Martin et l’île Fourchue de St Barthélemy. L’occasion de tester la nouvelle grand voile d’Amuitz par petite brise et deux ris avec Lomig Henry notre neveu. Nous avons bien entendu mis deux lignes à l’eau négligemment, bilan : 2 carangues et deux Barracudas, le tout remis à l’eau !

Dommage non ?

C’est en 1977 que l’équipe de R. Bagnis de l’Institut Louis Malardé de Papeete (http://www.ilm.pf/ ) à Tahiti découvrit l’agent responsable de la ciguatera dans les Iles Gambier, alors atteinte d’une formidable flambée de toxicité ; il s’agit d’une algue unicellulaire benthique. Gambierdiscus toxicus. Cette microalgue est ingérée par les poisson, herbivores lorsqu’ils broutent les algues qui lui servent de support. Par bioaccumulation le long de la chaîne alimentaire, les toxines initialement produites par la microalgue, vont se concentrer dans les poissons pour atteindre dans les plus âgés des taux susceptible d’intoxiquer les consommateurs.

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