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Vénézuéla : l’élément fédérateur.

date - 26/08/2006

Vénézuéla : l’élément fédérateur.

Dans chaque pays, ou pour être plus précis, dans de nombreux pays ou groupes humains existe un élément fédérateur qui comme son nom l’indique, fédère ses composants.

Même si le cliché n’est jamais très loin, on peut voir ainsi le thé dans le Royaume Uni ou la baguette chez le gaulois pour cesser là les exemples jamais excellents.

Mais au Vénézuéla me direz-vous ?

Point de thé ni de baguette… Pour autant le vénézuélien est fédéré, un peu trop même à mon goût.

Les plus grands chercheurs mondiaux ont usé le peu de neurones qui étaient encore en service pour tenter de découvrir le fameux « élément fédérateur » du Vénézuéla, mieux encore du vénézuélien du 21ème siècle. Car l’élément en question n’aurait pas été le même avant l’avènement de l’électricité. Je sens là un intérêt poindre au coeur même du lecteur qui se demande où je veux en venir.

Après sept mois passés dans ce superbe pays ou je n’ai visité qu’une fraction côtière même si elle couvre 98% de l’intérêt nautique du secteur, on peut dors et déjà écarter des prétendants fédérateurs qui dans d’autres temps auraient pu avoir leur chance.

La politique locale et le cas Chavez auraient pu du temps de Simon Bolivar jouer le rôle de l’élément recherché. Malheureusement, force est de constater que si une grosse moitié du pays soutient Chavez pour des raisons matérialistes (et justifiées) l’autre moitié le rejette avec ardeur et du même coup fait fondre les espoirs de l’élément fédérateur du vénézuélien par delà les classes sociales.

Une fois la politique mise de côté que reste-t-il ?

Les paysages grandioses ? La gentillesse des habitants ? Le rhum peut-être…

Certes le rhum a failli se retrouver en tête des prétendants à la fédération nationale multi ethnique. Le rhum qui est présent partout et à un prix quasiment subventionné, le rhum que l’on boit chaque jour en quantité et qui coûte trois fois moins qu’une vulgaire bouteille de vin.

Rien à faire, le rhum est battu même s’il s’incline avec les honneurs d’un Vénézuéla reconnaissant et assoiffé.

Que reste-t-il encore comme élément fédérateur ? Qui va remporter la palme sans contestation possible ?

Peut être la grille d’acier, les barreaux en fer forgé, les cages qui entourent chaque maison, qui recouvrent chaque pièce, qui enferment chaque habitant dans une prison d’acier dont le gardien porteur de la clef se trouve à l’intérieur. Les cages qui sont devenues la sécurité, les cages qui ont poussé ces dernières années sur tout le pays ou presque, les cages à double et triple couloir de sécurité qui laisseraient pantois les gardiens de prison de nos maisons d’arrêt.

Et pourtant l’acier et les serrures diverses sont battus à triple tour par un élément qu’il est très difficile d’enfermer, impossible à contenir, presque malsain à combattre. Un élément qui est devenu le fédérateur du vénézuélien de toute classe, pauvre comme riche, blanc ou noir, homme ou femme, tous égaux face à l’élément fédérateur qui fait désormais partie intégrante du vénézuélien presque vingt quatre heure par jour.

Le bruit, et oui. Le bruit est devenu, sans qu’il le sache, l’élément fédérateur du groupe humain qui réside dans le sud des Caraïbes au Vénézuéla.

Le bruit de la circulation ? Le bruit des travaux publics ? Le bruit du vent, des oiseaux ?

Que nenni.

Le décibel qui ne commence à compter qu’à partir de 80. Qui n’est acceptable qu’a des valeurs supérieures aux normes civilisées et qui surtout n’accompagne aucun son mélodieux.

J’entends d’ici des lecteurs grincheux m’accuser de crime contre la musique. Qu’ils viennent ici et déchanteront à coup sûr.

Les rues des villes sont emplies de décibels en folie crachant des flots de sons mélangés à quelques centimètres de passants devenus durs d’oreille sans se rendre compte. Les gens se crient et s’échangent des postillons en voie directe, une conversation est devenue impossible à plus de 30 centimètres de distance. Seuls les sourds sont épargnés et poursuivent leur vie calme agrémentée de signes cabalistiques, comme on les envie parfois.

Les bateaux des vénézuéliens n’échappent pas à la norme. Ils sont TOUS équipés de puissants amplificateurs et de hauts parleurs surdimensionnés qui prouvent leur vigueur du matin au soir, même la nuit ne nous est pas épargnée. Qu’ils arrivent sur une île calme et aussi tôt celle-ci est transformée en boite de nuit. Que la chaîne stéréo tombe en panne sur un bateau et c’est le SOS qui est lancé, les secours arrivent aussitôt, la détresse est énorme, comment survivre sans bruit, impossible.

Les autres pays d’Amérique du sud jugés bruyants sont en comparaison avec le Vénézuéla, des couvents de moines cisterciens.

Monsieur « décibel » aura bientôt sa statue aux côtés de celle de Simon Bolivar le libérateur du Vénézuéla.

Simon Bolivar dont les grands parents natifs du pays basque aimaient à écouter le chant des oiseaux, le murmure des ruisseaux et le silence de nos montagnes.

J.Arocena.

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