Vive l’avion, par "l’oie sauvage 2"
date - 23/08/2006
Serge et Domi ayant décidé de retourner quelque temps en France, ont tout naturellement pris l’avion depuis ici, le Vénézuéla. Voici leur récit plein d’humour et de piquant.
Et pourtant tout avait bien commencé : Une bonne bouffe, la veille, avec les potes, des tartines grillées avec Fanfan et José au petit déjeuner… des bises d’adieu, des poignées de main, on se reverrait c’est sûr… Super !
A 7h45 nous arrivions à l’aéroport de Cumana pour apprendre que notre vol de 9h00 était annulé. Nous pourrions espérer un remboursement de nos tickets dans un mois et demi environ en écrivant un courrier. Coup de fil à l’agence de Merida, mail, bref, nous étions obligés d’acheter deux nouveaux billets sur une autre compagnie pour un vol à 12h30.

Arrivés à Caracas, 2h30 avant le décollage, plus de 300 personnes faisaient déjà la queue pour le vol Air France de l’après midi. Après 1h30 d’attente, alors que notre tour approchait, nous sentions un flottement sur le personnel chargé de l’enregistrement. Le bruit courrait rapidement qu’il n’y avait plus de place. La tension commençait à monter. Enfin nous présentions passeports et tickets et là , le pire arrivait : Le couperet tombait entre ma douce et moi. J’avais une place à bord mais Dominique restait au sol. Je lisais toute la détresse du monde dans son regard. Allais-je la laisser là , seule dans la fournaise de Caracas ? Certes pas, avec la grandeur d’âme qui me caractérise, grand seigneur, je décidais de rester également.
Pendant ce temps une petite révolte était en train d’éclater. Un allemand, blazer bleu et pantalon mastic impeccable (certainement un ex nazi réfugié en Amérique du Sud) et sa famille s’en prenait violemment au personnel. Un couple de jeunes italiens craquait. Il disait que c’était l’effet coupe du monde, comme si le coup de boule de Zidane n’avait pas suffit. Il disait que la France était bassement revancharde.

Après une demi heure de grande confusion, enfin un employé prenait la parole. Il lisait des noms sur un listing. Youpi, Dominique et quelques personnes étaient citées. La famille de l’allemand également. Ce dernier jetait un regard de triomphe à sa famille. Et puis catastrophe, l’employé indiquait que les noms cités étaient en fait ceux des passagers qui restaient à terre. Clameur de stupeur, de haine ! L’allemand se déchaînait, son parler devenait de plus en plus guttural. Il me semblait voir un casque à pointe poindre sur son crâne. Ses nazillons éclataient en sanglots. L’italienne aussi pleurait.
Il fallait se rendre à l’évidence, nous ne partirions pas ce soir. L’allemand jurait main tendue qu’il ne prendrait plus jamais Air France. Son geste me rappelait vaguement quelque chose....
Un super minibus nous emmenait à Caracas dans un hôtel de luxe. Au passage nous avions empoché chacun 150 Euro à percevoir au comptoir d’Air France à Paris. La ballade des gens heureux continuait : Autoroute bloquée par un accident, il nous fallait une heure et demi pour atteindre Caracas. Nous étions tous affamée, les tartines grillées de Fanfan étaient loin. Nous nous mettions autour d’une super table en jetant un œil féroce sur un menu somptueux. Nous allions nous venger, là , tout de suite, en faisant un carnage dans la carte qui nous était proposée. Las, à ce moment là le louffiat nous indiquait l’air constipé que nous n’avions droit qu’à un sandwich. Il passait tout pret du lynchage et effectuait un repli précipité. Le chef louffiat nous entraînait alors dans une espèce de cafétéria où nous pouvions décemment nous restaurer.
Voici donc nos dernières péripéties. Il parait que nous sommes assurés d’avoir un vol aujourd’hui.
A bientot....
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