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Piratage au Vénézuéla que faire ?

date - 30/08/2007

Piratage au Vénézuéla que faire ?

Une certaine loi du silence existe bel et bien dans le monde de la plaisance de voyage qui transite plus ou moins longuement par le Vénézuéla.

Des bruits courent, rarement vérifiables, sur des attaques de piratage sur des voiliers. On en avait entendu parler mais désormais, après quelques mois de Vénézuéla on dispose de faits plus concrets, avérés, vérifiés.

Il est regrettable que les candidats au voyage dans cette zone des Caraïbes ne soient pas ou pas très bien informés. Faut-il venir au Vénézuéla ? Est-ce dangereux ? Faut-il s’armer ? Autant de questions aux quelles il semblait difficile de répondre avant notre arrivée ici. Désormais nous avons une partie des réponses que nous allons exposer dans le seul but d’informer et d’éviter que des voiliers mal informés arrivent et regrettent leur choix par manque de préparation.

1) Le Vénézuéla est un pays de passage de drogue, cocaïne, qui vient de Colombie et se dirige dans un premier temps sur l’arc antillais. Ce passage s’effectue en grande partie par la route avant d’embarquer sur des bateaux. Les routes se situent presque toutes dans la péninsule de Paria. Il est fortement recommandé d’éviter, même en groupe, la péninsule de Paria, qu’il s’agisse sur la route de retour du Vénézuéla vers les Antilles ou de la route aller de Trinidad au Vénézuéla. Des cas d’attaques violentes avec mort d’hommes ont été avérés. D’autres cas de menaces directes sur des vénézuéliens travaillant sur des chantiers itinérants sur la péninsule ont été constatés. Ces derniers ont du quitter le chantier vite fait pour sauver leur peau. Témoignages directs que j’ai recueilli surplace…

2) Le trafic de drogue en question n’est possible que grâce à une complicité des autorités diverses très largement corrompues malgré la tentative énergique du président Chavez d’en finir. Il faudra des années pour que la péninsule de Paria soit de nouveau accessible.

3) Les trafiquants préfèrent frapper dur pour éviter d’avoir des témoins de leurs trafics, ils jouent beaucoup sur l’effet de bouche à oreille pour « vider » les points de chargements de la drogue de toute présence non souhaitée.

4) Il ne faut jamais oublier que la vie ne vaut pas grand-chose et qu’un coup de feu est vite tiré.

5) En dehors de cette zone (10°38N 63°33W- 10°45N 61°51W ) il existe une « piraterie » qui se rapproche plus de la délinquance classique. Les premières victimes sont les pêcheurs qui subissent les vols de moteurs hors bord tout le long de l’année. Les plaisanciers sont également des cibles faciles. Pas pour leurs annexes comme on le croit souvent, mais pour leur voler l’argent que se trouve dans tout voilier. Les radios VHF, bouteilles d’alcool et autres appareils photos sont également recherchés.

6) Comment faire pour prendre un minimum de précautions et éviter au maximum ces « piratages » qui peuvent mal tourner. Nous avons constaté que presque tous les bateaux qui se trouvent sur le Vénézuéla depuis quelques années sont armés. Soit qu’ils l’étaient en arrivant, soit qu’ils se sont armés surplace. Le plus classique c’est le fusil de chasse calibre 12 avec des chevrotines. Au Vénézuéla, nous avons vérifié en se rendant dans des armureries qu’il était possible d’acheter légalement toute arme de calibre 12. Soit des fusils à crosse courte comme ceux utilisés par les vigiles, soit des fusils à pompe à 5 coups. Cette possibilité d’achat d’armes a été interrompue par décision du gouvernement. Désormais (depuis 2006) on ne peut plus acheter d’arme au Vénézuéla, sauf à avoir un port d’armes.

7) Sur les nombreuses personnes que nous avons interrogées, presque aucune n’avait utilisé son arme mais presque toutes s’en servent pour se rassurer et au besoin pour se défendre. Il est convenu que les autorités ne posent pas trop de problèmes au propriétaire d’un bateau qui abattrait un « voleur » ayant pénétré à son bord.

8) La première des sécurités est de faire en sorte que les pirates ne puissent pas rentrer à l’intérieur du voilier. C’est le plus critique. Une fois les malfrats dedans, armés, difficile de résister… Le soir au moment de se coucher, il faut fermer les panneaux de pont et la descente. Plusieurs cas de piratage ont été résolus grâce au fait d’être enfermés.

9) La présence d’un chien a été heureuse dans de nombreux cas. Ces derniers repèrent l’arrivée des « lanchas » faisant fuir les pirates qui n’aiment pas les chiens…

10) Si une lancha arrive de nuit et demande à manger ou de l’eau, c’est un signe de danger. Les pêcheurs ne viennent pas de nuit mais seulement en plein jour. Ne pas hésiter à tirer un coup de fusil en l’air pour faire fuir les « visiteurs ».

11) Généralement les îles de la Tortuga, Blanquilla, Roques, Aves, Testigos, sont considérées comme assez sûres. Les îles de Margarita, Coche et Cubagua sont délicates et il faut tout fermer. Le golfe de Cariaco en dehors de Cumanà est considéré comme assez sûr. Ne pas mouiller à Cumanà. En général les ports de plaisance sont sûrs et gardés par des hommes en armes… Dans le parc de Chimana il vaut mieux mouiller prés du village, des groupes de voyous armés attaquent les voiliers trop éloignés. En général il convient d’être trois bateaux au moins pour éloigner les curieux. Inutile également de se signaler en allumant les feux de mouillage, il est bon de conserver un canal VHF prédéterminé, poste en marche jour et nuit.

En résumé, le Vénézuéla c’est assez délicat mais faisable. Les grandes villes sont comme partout ailleurs, dangereuses. Attention aux sacs, les pic pockets sont légion. A bord, éviter la péninsule de Paria, prendre les précautions minimales, s’armer ? Prendre un chien ? Ne pas oublier que les vénézuéliens sont des gens sympathiques dans leur très très grande majorité et que le pays est superbe.

Si vous lisez les précautions émises par le gouvernement français, jamais vous ne mettrez les pieds au Vénézuéla, voyez vous même

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/co...

Sergio a écrit un excellent papier sur le piratage, papier qui est tout frais et qui concerne l’Océan Indien, je vous invite à le lire.

José Arocena

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