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Nouveaux piratages au Vénézuéla.

date - 16/02/2008

De nouveau des attaques de « pirates » contre des plaisanciers ont eu lieu au Vénézuéla en début d’année 2008. Cette fois-ci, le niveau des violences est tel que de nombreux plaisanciers se demandent à raison, s’ils vont passer par le Vénézuéla d’autant que les zones visées étaient réputées jusqu’alors comme sûres.

C’est en janvier qu’au moins trois violentes attaques ont eu lieu, deux sur l’île de Margarita et une troisième dans les îles Testigos, pour la première fois semble-t-il.

Un voilier école de l’UCPA qui formait des skippers a été victime d’une attaque au mouillage de Robledal sur l’île de Margarita en janvier 2008. Bilan un coup de feu à la nuque et une paralysie pour la victime qui serait le moniteur.

Autre attaque, mais cette fois-ci dans les îles Testigos situées bien loin de toute terre habitée. Le traumatisme est important dans le monde de la plaisance mais aussi au sein des habitants des Testigos qui ont porté secours à la victime, un français habitué des navigations au Vénézuéla depuis des années en compagnie de son épouse.

Voici quelques extraits de son récit, il est depuis sorti d’affaire après avoir flirté plus que de raison avec la mort.

« Le dimanche 27 janvier, nous venions juste de regarder notre film du soir, nous entrions dans notre premier sommeil dans la cabine avant lorsque Anne entendit des bruits légers et sourds inhabituels autour du bateau. Par acquis de conscience elle sort la tête par le hublot pour voir monter a bord 4 malabars. »

S’en suit une bagarre à bord à l’intérieur du voilier au mouillage.

« J’ai tenté de récupérer mon pistolet à fusée dans un équipet… A ce moment je demande a Anne de fuir par le hublot parce que j’entends les pirates dire " il a un pistolet, il a un pistolet" et que je ne veux pas qu elle soit blessée. »

Une fois sur le pont elle hurle demandant de l’aide aux autres voiliers présents, sans succès alors que la bagarre se poursuit à l’intérieur.

« J’entends un coup de feu, une brûlure dans le cou…je reçois en plus un coup de crosse sur la tête qui glisse sur mon crâne et me déchire l’oreille. Les cris d’Anne finissent par les inquiéter, ils se retournent et je les vois reprendre le chemin du pont, ils me pensent sans doute mort. »

La bagarre se poursuit sur le pont, Anne saute à l’eau et Jo reçoit encore deux coups de feu avant que les 4 hommes remontent à bord de la barque ou les attendaient 2 complices et fuient.

Les garde côtes contactés non sans mal sont prévenus, les locaux arrivent et organisant l’évacuation vers l’hôpital de Margarita en barque à moteur.

« Une équipe des Testigos organisé par José, le fils de Chonchon arrive a bord. ils sont tous adorables et nous aident autant qu ils peuvent. »

48 milles a 40 nœuds un plaisir pour un homme couché sur un matelas dans une barque ouverte. « Un garde côte est présent en cas de décès, et Chuchia la fille de Chonchon qui a tout organisé pour notre arrivée sur Margarita. »

Une fois à l’hôpital surchargé, il a fallu parvenir à changer d’établissement, trouver une ambulance, des médecins compétents, trouver de l’argent liquide pour entamer les opérations… pas de sous pas de soins, 18 heures après les faits il entrait en salle d’opérations. etc etc…

Aujourd’hui Jo est sauvé, il se rétablit à terre, son voilier est sous bonne garde et va aller en chantier au sec.

L’épisode des soins vaut à lui seul un livre et on se dit qu’il vaut mieux ne pas être au mauvais moment dans le mauvais lieu et que la vie est bien fragile.

Reste que cette recrudescence des attaques sur le Vénézuéla et le mode opératoire qui évolue, loin des lieux réputés dangereux, comme aux Testigos, va changer la donne pour ceux qui pensaient pouvoir passer la saison cyclonique au calme dans les îles vénézuéliennes…

José Arocena.

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