Des Wagas au milieu des Tules

Ceux qui visitent régulièrement ce site connaissent déjà le territoire Kuna au Panamá. Polo et moi en savions déjà beaucoup au travers des récits de José et Fanfan, de leurs photos, etc… Pourtant, cela n’a pas beaucoup atténué la magie de la rencontre avec ce peuple.

Arrivés à Panamá Ciudad, et après une courte nuit à l’hôtel, nous avons pris le 4×4 jusqu’en territoire Kuna. Après une heure d’autoroute, on attaque la piste, et elle justifie bien le 4×4, surtout que la pluie avait quelque peu détrempé la dite piste. Merci Ricardo pour tes talents de pilote, on garde ton numéro de téléphone. Cette route sillonne au milieu de la forêt tropicale, avec une végétation inconnue en Europe : teck, fougères arborescentes, etc… les bruits de la faune sont aussi curieux pour un français fraîchement débarqué de métropole. Le bout de la piste, c’est une plage inondée par la marée haute, Punta Redonda, en face d’Aquatup (Aquatupu ou Aquadup) où José attend au mouillage à bord d’Amuitz.

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C’est un climat tropical, donc chaleur (27 à 32°C), et humidité. Nous avons eu de la pluie, mais on la supporte plutôt bien, et ça ne durait jamais plus d’un quart d’heure. Par la suite et en s’éloignant du continent, nous avons eu beaucoup de soleil, et quand un nuage le masquait au plus chaud de la journée, on l’appréciait. Des conditions idéales pour le Kite, la baignade, la sieste, la lecture, etc… Des vacances excellentes sous les tropiques.

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Mais ce territoire est peuplé d’indiens, les Kunas (ou Tule, les humains dorés). Un peuple qui lutte pour son indépendance et son mode de vie. Ils sont organisés avec des représentants auprès des plus hautes instances panaméennes et à l’ONU. Ils refusent la construction d’hôtels sur leur territoire, et il était question récemment d’y interdire le charter qui ne semble pourtant pas très développé. Les femmes portent majoritairement l’habit traditionnel, des bracelets de perles qui couvrent leurs mollets et leurs avants bras. Chez les hommes par contre, on voit l’influence du monde moderne, ils sont tous en short tee-shirt et casquette.
Les iles sont situées à peu de distance du continent. Il n’y a pas d’eau sur ces iles, n’y électricité, sauf dans de rares cas comme à Carti ou Nargana. En fait, sur quelques iles, le gouvernement a financé un tuyau qui apporte l’eau de la rivière la plus proche. Mais certains ont refusé pour protéger encore leur mode de vie. Ainsi, ils partent en Cayuco, la pirogue locale, avec des bidons pour aller chercher de l’eau et travailler leurs champs (banane, yucca (manioc), etc…). Les heures de rame les maintiennent en forme.
Evidemment, ils cèdent peu à peu à la civilisation occidentale, avec des panneaux solaires, des relais GSM pour le téléphone, des moteurs hors-bord, etc… Mais leur mode de vie reste très éloigné du notre.

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Nous nous sommes invités à une « Chicha Fuerte » avec Polo. Il s’agit d’une fête donnée pour le passage à l’adolescence d’une jeune fille du village. La Chicha est la boisson que l’on y boit. Du sirop de canne fermenté pendant 8 jours avec du maïs et du café. Nous n’avons pas tout compris à la cérémonie, mais il y avait un sorcier avec son apprenti, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Quand le sorcier l’a décidé, une dizaine de personnes ont distribué la chicha dans des calebasses. Très faiblement alcoolisé, c’est un peu comme du cidre. Plus tard, ils apportent du rhum blanc, des cigarettes mentholées et des bonbons. Puis la danse commence. Une danse assez simple à laquelle on a pu participer Polo et moi. Vers minuit, fatigués et un peu saouls, nous avons retrouvé nos hamacs chez Anicio dans la case familiale. Grande famille ! Dehors, le bruit a continué toute la nuit, les gens ont poursuivi la fête jusqu’au levé du soleil.

Nous sommes tombés sous les charme de ces iles et de ces gens, et nous rêvons d’y retourner bientôt. On a même imaginé un voyage un peu plus aventureux, peut-être avec un petit warrham de 8 ou 9 mètres, avec une équipe prête à vivre dans des conditions minimalistes. L’idée est lancée, j’espère qu’on saura concrétiser ça…